Simon El Habre – Réalisateur / Producteur
C'est un documentaire sur la mémoire et ses effets sur le quotidien des hommes, surtout quand cette mémoire est étroitement liée à la guerre et aux massacres. Il s'agit de l'histoire d'un village chrétien qui fut complètement détruit pendant la guerre. Les habitants de la région ont fui vers Beyrouth. Ils ne sont retournés vers leurs terres natales que 10 à 11 ans plus tard, après la période de la 'réconciliation'. Mais les gens de ce village en particulier ne sont jamais revenus au village qui reste entièrement démoli. Il n'y a qu'un seul homme, mon oncle Semaan, qui est revenu il y a six ans pour refaire une ferme de vaches. Il vit seul au village.
Je suis très intéressé de voir sa vie quotidienne car c'est à travers elle que je peux percevoir la vie quotidienne du village en général et comprendre pourquoi il est toujours vide.
Je connais plusieurs personnes qui demeurent très attachées à ce village. Elles viennent visiter leurs terres, s'en occuper d'elles, passer la journée près de leurs maisons détruites et retourner à la ville le soir venu, comme si elles n'étaient jamais venues.
A travers ce documentaire, je voudrai savoir pourquoi ils ne sont jamais revenus au village pour de bon.
Melhem Ibrahim El Habre, du village d'Ain Halazoun
Adla Elias El Habre, du village de Mansouriyet Bhamdoun. Je me suis mariée à un homme d'Ain Halazoun
Nous sommes en train de tourner durant les quatre saisons ce qui est bien car cela nous permet d'avoir le temps de filmer, d'une manière ou d'une autre.
Ce film ne s'adresse pas à un public en particulier. Les libanais pourraient le considérer comme étant un documentaire sur la mémoire alors que les européens, même ceux qui ne connaissent pas beaucoup le sujet en question, le percevront comme étant un film de méditation bien agréable.
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